Deprecated: Assigning the return value of new by reference is deprecated in /var/www/vhosts/jamois.eu/httpdocs/charlotte/wp-settings.php on line 468 Deprecated: Assigning the return value of new by reference is deprecated in /var/www/vhosts/jamois.eu/httpdocs/charlotte/wp-settings.php on line 483 Deprecated: Assigning the return value of new by reference is deprecated in /var/www/vhosts/jamois.eu/httpdocs/charlotte/wp-settings.php on line 490 Deprecated: Assigning the return value of new by reference is deprecated in /var/www/vhosts/jamois.eu/httpdocs/charlotte/wp-settings.php on line 526 Strict Standards: Declaration of Walker_Page::start_lvl() should be compatible with Walker::start_lvl(&$output) in /var/www/vhosts/jamois.eu/httpdocs/charlotte/wp-includes/classes.php on line 594 Strict Standards: Declaration of Walker_Page::end_lvl() should be compatible with Walker::end_lvl(&$output) in /var/www/vhosts/jamois.eu/httpdocs/charlotte/wp-includes/classes.php on line 594 Strict Standards: Declaration of Walker_Page::start_el() should be compatible with Walker::start_el(&$output) in /var/www/vhosts/jamois.eu/httpdocs/charlotte/wp-includes/classes.php on line 594 Strict Standards: Declaration of Walker_Page::end_el() should be compatible with Walker::end_el(&$output) in /var/www/vhosts/jamois.eu/httpdocs/charlotte/wp-includes/classes.php on line 594 Strict Standards: Declaration of Walker_PageDropdown::start_el() should be compatible with Walker::start_el(&$output) in /var/www/vhosts/jamois.eu/httpdocs/charlotte/wp-includes/classes.php on line 611 Strict Standards: Declaration of Walker_Category::start_lvl() should be compatible with Walker::start_lvl(&$output) in /var/www/vhosts/jamois.eu/httpdocs/charlotte/wp-includes/classes.php on line 705 Strict Standards: Declaration of Walker_Category::end_lvl() should be compatible with Walker::end_lvl(&$output) in /var/www/vhosts/jamois.eu/httpdocs/charlotte/wp-includes/classes.php on line 705 Strict Standards: Declaration of Walker_Category::start_el() should be compatible with Walker::start_el(&$output) in /var/www/vhosts/jamois.eu/httpdocs/charlotte/wp-includes/classes.php on line 705 Strict Standards: Declaration of Walker_Category::end_el() should be compatible with Walker::end_el(&$output) in /var/www/vhosts/jamois.eu/httpdocs/charlotte/wp-includes/classes.php on line 705 Strict Standards: Declaration of Walker_CategoryDropdown::start_el() should be compatible with Walker::start_el(&$output) in /var/www/vhosts/jamois.eu/httpdocs/charlotte/wp-includes/classes.php on line 728 Strict Standards: Redefining already defined constructor for class wpdb in /var/www/vhosts/jamois.eu/httpdocs/charlotte/wp-includes/wp-db.php on line 306 Deprecated: Assigning the return value of new by reference is deprecated in /var/www/vhosts/jamois.eu/httpdocs/charlotte/wp-includes/cache.php on line 103 Strict Standards: Redefining already defined constructor for class WP_Object_Cache in /var/www/vhosts/jamois.eu/httpdocs/charlotte/wp-includes/cache.php on line 425 Deprecated: Assigning the return value of new by reference is deprecated in /var/www/vhosts/jamois.eu/httpdocs/charlotte/wp-includes/query.php on line 21 Deprecated: Assigning the return value of new by reference is deprecated in /var/www/vhosts/jamois.eu/httpdocs/charlotte/wp-includes/theme.php on line 618 Strict Standards: Redefining already defined constructor for class WP_Dependencies in /var/www/vhosts/jamois.eu/httpdocs/charlotte/wp-includes/class.wp-dependencies.php on line 15 désORIENTée
15 mai 2009

Pendant les vacances de Pâques, je suis passée en coup de vent à l’université. La vue des barricades sur les quais du Rhône a fait renaître en moi un sentiment de colère, ah ces fichus bloqueurs, encore en train d’imposer leur volonté à la majorité… mais ceci est une autre histoire.

J’avais une tâche bien précise à exécuter : récupérer mes diplômes. Master 1 et Master 2. Je suis surtout fière d’avoir obtenu le dernier parce qu’il a fallu s’acharner (et rendre un mémoire qui m’a demandé beaucoup de temps, d’énergie et d’entêtement).

Enfin voilà, je m’assois au bureau de la secrétaire. Elle sort un énorme carton, farfouille dedans, en retire le précieux titre. Une petite signature, ça y est j’ai un diplôme.

Elle plonge à nouveau dans son placard, en sort un paquet volumineux. Nouvelle signature, voilà  mes 5 ans d’étude reconnus sur ce petit bout de papier doré.

En France, on apprend que l’on a réussi ses examens sur Internet. En quelques clics, on sait s’il va falloir aller au rattrapage, ou si c’est bon. Puis il faut attendre des mois avant d’aller récupérer son diplôme. Certains mettent des années à se décider (mine de rien mon M1 datait de 2006). La secrétaire me raconte qu’il y a quelques jours, elle a reçu la visite d’un ancien étudiant qui avait réussi son diplôme il y a … 25 ans, et il se décidait enfin à venir récupérer le papier. Or cela n’a pas été si évident parce qu’à l’époque, ce n’était pas systématique, on n’imprimait pas les diplômes. Le monsieur n’avait rien, pas de relevé de notes. La secrétaire a dû se livrer à un sacré travail d’archéologue pour déterminer si monsieur était mythomane ou tête en l’air !

C’est comme ça, la remise des diplôme, étape décisive qui marque ou tout du moins devrait marquer la fin de temps heureux (l’insouciance estudiantine) n’est pas un rite en France… Ce qui n’est pas le cas dans la plupart des nations dans le monde. Ce n’est pas la peine d’aller chercher bien loin. Il n’y a qu’à traverser la Manche, comme je l’ai fait il y a quatre ans pour effectuer mon séjour erasmus à l’université de Liverpool.

La « graduation », mot qui n’existe pas en France, est une cérémonie officielle et un rite important. Une industrie même : il faut louer un costume (assez ridicule) ) un prix exorbitant ! Mais tout le monde se prête au jeu. Les familles sont conviées à une cérémonie très solennelle, ponctuée par de discours soporifiques, puis chaque candidat est appelé, on lui remet son diplôme, il fait une petite courbette et retourne s’asseoir. C’est vraiment important. A l’époque, la famille de mon ex-copain avait fait le voyage depuis les Caraïbes pour assister à la cérémonie ! Les invitations sont limitées, nominatives. J’avais préféré les laisser en famille, et j’étais allée à l’apéro de la fac de Lettres avec Jenny, une de mes camarades de classe. (En temps qu’étudiante française de Lettres Modernes, j’étais rattachée au département de français).

Avec Jenny devant la fac de Lettres de Liverpool

Avec Jenny devant la fac de Lettres de Liverpool

Si nous Français sommes restés insensibles à cette coutume anglo-saxonne, on ne peut pas en dire autant des Japonais, qui l’ont reprise et assaisonnée à la mode nipponne : c’est en kimono que l’on se rend à l’université récupérer son titre. Voyez ci dessous ces amies Japonaises, en grande tenue de cérémonie :

Pour la fête du soir, on se pare ensuite de ses plus beaux atours occidentaux.

Mais c’est pas tout, nous aussi, étudiants étrangers, avons eu droit à une cérémonie de remise de diplôme et à un petite fête. Tout était organisé et pris en charge par l’université Nos familles d’accueils avaient été invitées. En cette brûlante matinée de juillet, le 13, nous avons pris, suants, le train pour l’université. En arrivant dans la salle, nous devions nous asseoir selon un plan précis. Les étudiants devant, les familles à l’arrière. Quelques professeurs et responsables de l’université ont fait un discours en japonais, instantanément traduit en anglais par le responsable canadien. Puis on nous a appelés les uns après les autres - nous avons reçu le diplôme avec une petite courbette et un arigatô gozaimas (on est au Japon) Momo-chan a crié mon nom et celui de Gabriel quand nous avons étés appelés, c’est ça d’avoir des fans !

Après de multiples séances photos sur la pelouse de l’université nous nous sommes rendus dans le hall de réception, où un festin nous attendait. Des étudiants ont présenté de numéros. Quelques semaines auparavant avait eu lieu une exposition de photographies ayant pour thème “Cool Japan” . Les étudiants étrangers avaient dû accompagner d’un petit texte une photographie…….. ce que j’ignorais, c’est que les visiteurs avaient voté pour leur photographie préférée… et que j’avais remporté le concours,

avec en prime un Tshirt à l’effigie du chien samouraï.

L’anecdote montre non seulement que les Japonais habillent leurs chiens de façon étrange, mais encore que l’université déploie bien des moyens pour nous accueillir ! Que fait-on nous, en France pour les étudiants étrangers ? Pas grand chose, j’en ai peur. Et pour cause : on n’a pas de sous.

On a la chance d’avoir une université pas chère… 400 euros, dont 180 euros de sécurité sociale étudiante.. et c’est sans compter le nombre d’étudiants boursiers sur critères sociaux, payés pour pouvoir étudier;

En Angleterre, tous les étudiants sont obligés de souscrire un prêt, (ils ont généralement un petit job eux aussi) et d’entrer dans la vie active pour pouvoir se payer un diplôme… alors vous comprenez que quand je vois ces c******* d’étudiants qui pourrissent l’université avec les barricades, quand ce n’est pas par des actes de vandalisme, je suis vraiment vraiment en colère…. J’ai envie de les massacrer, ces abrutis, qui ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont, transformant notre université en poubelle

voilà une photo de luniversité Lyon 2, prise la semaine dernière...

voilà une photo de l'université Lyon 2, prise la semaine dernière...

14 avril 2009

“J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans“, c’est un peu prétentieux…. mais les mots de Baudelaire me parlent. Voilà presque huit mois que je suis rentrée du Japon, et il y a encore tant de souvenirs que je voudrais partager…. entre la Chine, l’Indonésie, la Thaïlande et mes promenades au Japon, il me reste tellement d’histoires à raconter. J’en synthétise quelques unes dans ce post qui résume quelques expéditions effectuées l’année dernière, au printemps……. et qui ont pour cadre un espace plus rural….

En effet, dans notre imaginaire, le Japon c’est ça :

Vue de Tokyô, la nuit, depuis la tour de Tôkyô

Vue nocturne, depuis la tour de Tôkyô

Et pourtant, des coins perdus, il y en plein au Japon.Au début de l’année, nous avions fait du vélo dans la campagne d’Okayama. Et au printemps de l’année dernière, nous avons profité de plusieurs weekends pour explorer différentes régions de l’archipel.

田舎 inaka

田 rizière

舎  ?

Nous sommes par exemple allés à Tottori, ville située dans ce que l’on appelle communément en cours de géographie “le Japon de l’envers” : c’est la façade maritime Nord, moins peuplée, moins industrialisée et évidemment plus agricole.

ken, en japonais signifie "préfecture"

Pourquoi cette ville en particulier ?

Tout d’abord, il y avait un bus direct qui partait depuis Osaka.

Deuxièmement, nous sommes partis au dernier moment, au cours de ce que les Japonais appellent la “Golden Week“, la Semaine d’Or. Vous savez, au Japon, les vacances dans l’année du salarié se comptent quasiment sur les doigts de la main, il s’agit des jours fériés. Or la Golden Week comprend 4 jours fériés sur 7 :

le 29 avril commémore le jour de naissance de l’Empereur Shôwa

le 3 mai est le jour de Commémoration de la Constitution)

le 4 mai celui jour de la Nature

le 5 mai, celui des enfants

les salary men (employés) obtiennent donc, après négociations du patron, avec une semaine ENTIERE DE VACANCES - donc, en d’autres termes on se retrouve avec : des bouchons sur les routes, les hôtels réservés depuis des mois…

Or, le Japon de l’envers n’est pas un lieu privilégié de vacances, on a pu improviser un petit séjour ! Et comme il n’y quand même pas grand chose sur le Japon de l’envers, nous avons ciblé une destination un peu plus touristique. Tottori est une petite ville qui se trouve sur le littoral (avec donc une plage !), et qui présente, paysage rare au Japon, d’énormes dunes de sable. Comme il s’agit d’une des seules attractions de la ville, les gens du coins y ont développés un certain nombre d’activités ; parapente sur les dunes, petit tour à CHAMEAU (je le jure !)

Le samedi il pluviotait. Nous sommes allés nous promener sur la côte qui présente un relief accidenté. En fait, ce paysage qui ne déborde pas d’exotisme est tout de même assez étonnant : malgré l’insularité du Japon, on voit rarement la mer !

un air de littoral méditerrannéen, le Japon de lenvers ?

un air de littoral méditerranéen, le Japon de l'envers ?

les dunes

les dunes

décidément pas des adeptes de la bronzette, les Japonaises !

décidément pas des adeptes de la bronzette, les Japonaises !

Avant de partir, il fallait bien goûter la spécialité, pas vrai ? de la glace aromatisée à la poire, une variété énorme qui pousse dans le coin

Avant de partir, il fallait bien goûter la spécialité, pas vrai ? de la glace aromatisée à la poire, une variété énorme qui pousse dans le coin

Quelques jours plus tard(entre le 9 et le 12 mai), nous sommes partis pour un endroit encore plus pommé : l’île de Kyûshû.  Il est temps de vous rappeler la composition de l’archipel. Cet hiver, nous étions allés dans le grand Nord, sur l’île d’Hokkaido.

Depuis Osaka, nous avons pris un bus de nuit jusqu’à Kagoshima.

Nous sommes allés au Sud de Kyushu (cercle rouge)

Nous sommes allés au Sud de Kyushu (cercle rouge)

Objectif : découvrir le Sud de cette île volcanique

Arrivés à Kagoshima, nous n’étions pas très frais. Nous sommes allés faire un tour sur l’île d’en face (Sakurajima) qui se trouve être un volcan toujours en activité. Nous avons pris le ferry, mais à vrai dire, nous n’avions pas grand chose à faire, alors après un petit tour à pied, un repas, nous avons pris le train pour aller à Ibusuki, une station balnéaire des plus étranges…

On ne se contente pas de se tremper dans un bain, comme dans la plupart des onsen dans lesquels nous nous sommes rendus auparavant : nous nous sommes faits ensablés dans des sables volcaniques bouillants. Sur la page, c’est assez impressionnant : le sable fume.

On nous prête un yukuta (léger kimono) sous lequel nous sommes nus comme des vers, puis nous nous allongeons dans un grand bac à sable. En moins de 5 minutes, les employés nous ont recouverts de sable à grandes pelletées.

C’est vraiment une expérience étrange (insupportable pour certains, puisque l’on se fait enterrer vivant). Ce jour là, il y avait beaucoup de vent, l’air était presque frisquet.

en Yukuta

en Yukuta

ça y est, nous voilà ensablés

ça y est, nous voilà ensablés

Au début, on se sent très bien. Cela rappelle les jeux d’enfance sur la plage (qui n’a pas joué à s’ensabler ? ) On est enveloppés dans un douillet cocon de sable chaud. Petit à petit, la température monte, le rythme cardiaque s’accélère, et puis la sensation devient vraiment étonnante : on sent le coeur battre dans nos doigts. Au bout de quelques minutes, la chaleur transperce le tissu de nos yukata, et nous mord les fesses et les coudes, toutes les parties les plus plantées dans le sable…. si bien que tout le monde se retrouve avec un splendide ovale rouge dans le bas du dos… (puisqu’après s’être désablés, on va prendre un bain)

Un an plus tard, j’ai du mal à me souvenir pourquoi nous sommes allés dans ce coin, mais toujours est-il que l’on a pris un des rares bus pour aller jusqu’à un cap dont j’ai oublié le nom. Sans regret, le paysage était extraordinaire ; plage de sable noir recouverte de méduses échoues, temple désert, jetée où le vent hurle. Un endroit où j’aurais imaginé facilement un épisode d’XFiles. Mais ce n’est qu’un avant goût des paysages fabuleux que l’on allait découvrir le lendemain.

Quand le ciel est bas et lourd, et pèse comme un couvercle

"Quand le ciel bas et lourd, pèse comme un couvercle"

Cétait la première fois que je voyais un panneau aussi inquiétant... apparemment, celui-ci demande aux citoyens dêtre vigilents aux embarcations louches...

C'était la première fois que je voyais un panneau aussi inquiétant... apparemment, celui-ci demande aux citoyens d'alerter les autorités s'ils aperçoivent des embarcations louches...

Le jour suivant, nous avons entrepris une expédition qui reste pour moi l’une des meilleures de l’année. Nous avons pris le train, puis le bus jusqu’au départ d’un sentier de 15 kms à travers le parc volcanique de Kirishima Jingu. Tout d’abord, oui, vous ne rêvez pas : nous avons fait QUINZE kilomètres à pieds, je ne me croyais pas capable d’un tel exploit, et cela à travers des paysages absolument fabuleux.

au dpart, à travers les azalées sauvages

au départ, à travers les azalées sauvages

Anecdote amusante, nous avons rencontré en chemin une équipe de télévision locale pour une émission débile à la recherche de gogo à interviewer.  Ils nous ont salué en anglais. Qu’elle n’a pas été leur surprise :  non seulement on leur a répondu en Japonais, mais en plus on était capables de soutenir une modeste conversation. Un Brésilien et une Française, étudiants dans le Kansai, en promenade dans les volcans de Kyûshû. Voilà qui est bien atypique, ils ponctuaient toutes nos réponses de stridents ssssssgooooooooooooooooooooiiiiii (expression qui marque l’étonnement ou l’admiration, que l’on pourrait traduire, peut-être, par “super !” ) Ils nous ont appris le nom de la fleur (que j’ai oublié illico) Une chose est sûre, on a dû passer à la télé !!!

le volcan au loin, cest celui de Sakurajima

le volcan au loin, c'est celui de Sakurajima

sérieusement, on ne se croirait pas sur une autre planète ? lac au fon dun cratère

lac au fond d'un cratère- sérieusement, on ne se croirait pas sur une autre planète ?

Il est pas extraordinaire, ce cratère ?

Il est pas extraordinaire, ce cratère ?

on a vraiment traversé toutes sortes de paysages

on a vraiment traversé toutes sortes de paysages

Au départ, nous avons marché longtemps seuls. Peu à peu, nous avons rencontré de plus en plus de promeneurs. C’était vraiment sympa, parce qu’on se saluait systématiquement,et on discutait un peu (deux gayjin dans la montagne, ce n’est pas banal) On a fini par arriver le soir au village du plateau d’Ebino, où (pour cause de restrictions budgétaires) nous comptions camper.

Nous avions, au téléphone réservé une tente ( que l’on pouvait louer). Le type de camping était vraiment bizarre, il a râlé, affirmant que la dernière fois qu’il avait loué une tente à des étrangers, ils avaient bousillé (qu’est-ce qu’on y pouvait, nous?) et il a fini par aller chercher une…….. bâche qui faisait office de tente. Une espèce de couverture servait de tapis de sol. On s’est regardés avec Gabriel : pas possible : là, on va crever de froid ! On a donc demandé au gars si finalement, on en pouvait pas dormir dans une cabane en bois. Nous étions presque seuls sur le site. Tout d’un coup, on s’est rappelés (un fois les clés de notre cabane obtenues) que l’on n’avait rien à manger !!! On a couru jusqu’au magasin de souvenirs, tambouriné aux portes (ils étaient en train de fermer) et on a acheté un plein sac de gâteaux pour tenir jusqu’au lendemain. La caisse était fermée, les employés nous ont quand même laissé faire nos emplettes (trop sympas les Japs) Et finalement,au passage, on a tenté notre chance dans le restaurant d’un hôtel (qui, normalement ne sert que ses clients le soir) En voyant nos mines (on avait quand même marché toute la journée !!!) ils ont pris pitié de nous (pauvres gayjin), et le chef nous a concocté un petit plat, simple, mais qui avait le mérite d’être chaud et de contenir plus de calories que nos gâteaux !

Puis nous avons rejoint notre palace : notre cabane avait le mérite d’avoir de vrais murs, mais c’était une pièce où l’on dormait à même le sol (très dur). Il n’y avait pas de rideaux sur les fenêtres, niveau intimité ce n’était pas terrible. On avait deux couvertures… mais on a quand même enfilé tous nos vêtements et on s’est serrés toute la nuit parce qu’il a fait très froid. Les hurlements du vent étaient inquiétants (sans nul doute, nous nous serions envolés sous l’autre tente) Ajoutez qu’en plus de cela, j’avais, of course, pris des coups de soleil et que j’avais le visage en feu.

La nuit est passée. On a même eu assez d’énergie pour faire une courte promenade dans le parc, le long des lacs volcaniques, avant de rentrer sur Kagoshima.

Jai même dû acheté un beau couvre-chef japonais pour me protéger le visage

J'ai dû acheté un beau couvre-chef japonais pour me protéger le visage

paysage sulfurique

paysage sulfurique

vous êtes jaloux de mon chapeau !

vous êtes jaloux de mon chapeau !

Sur le chemin du retour, nous sommes passés au temple Shintô de Kirishima. Mais à côté des merveilles que nous venions de traverser, le sanctuaire ne nous a pas impressionné

Le 1er weekend de juin, nous reprenons notre exploration de l’archipel japonais, direction Shikoku. L’île présente la particularité de posséder 88 temples, reliés par des chemins. C’est un pèlerinage populaire, que l’on peut faire à pieds si on a le temps, en vélo, ou en voiture.Depuis Osaka, c’est assez facile d’aller jusqu’à Tokushima, l’une des plus grandes villes de l’île. On traverse le long pont qui relie les deux îles.

En arrivant à Naruto, on peut voir depuis la fenêtre du bus les tourbillons sur la mer, c’est un lieu assez connu pour ce phénomène. (Il y a bien évidemment de courtes croisières organisées pour approcher)

Carte de Shikoku, dans le cercle noir, la région explorée

Pour un voyage d’un weekend, nous avons conçu un plan d’exploration modeste, grâce à nos copains Tom et Léa qui connaissent bien l’île. Ils nous ont recommandé une adresse formidable. Un petit papy, Neguro-san tient une petite auberge (un minshuku) dans la vallée d’Iya, surnommée le Petit Tibet du Japon (tellement c’est un coin perdu).

Son auberge a une super terrasse qui donne sur la rivière, un vrai petit paradis

Il est venu nous chercher à la gare, nous a accompagné au supermarché pour l’on puisse faire nos courses, puis nous a trimballé toute l’après-midi dans sa voiture pour nous montrer sa région. Sans lui, on n’aurait jamais pu autant se déplacer, et pour cause, il n’y a aucun transports en communs. On était un peu gênés, parce que tout de même, nous étions vraiment limités en Japonais, on ne comprenait pas grand chose (par manque de vocabulaire)

la rivière Iya, qui a creusé cette belle vallée

la rivière Iya, qui a creusé cette belle vallée

Alors, il est pas vert le Japon ?

Nous avons invité notre hôte à faire la promenade en bateau

Nous avons invité notre hôte à faire la promenade en bateau

vue de la vallée, depuis la rivière

vue de la vallée, depuis la rivière

Vue des ponts en vigne

Vue des ponts en vigne

cascade

cascade

On se croirait dans Indiana Jones,pas vrai ?

On se croirait dans Indiana Jones,pas vrai ?

Nous sommes rentrés assez tôt dans l’après-midi : Gabriel s’était endormi devant, en voiture. Neguro san a donc pensé qu’il était temps de rentrer. De plus, il avait du travail à faire : laver des draps, étendre du linge.

Un peu plus tard, nous avons fait une petite sortie dans le village : nous avons marché jusqu’à l’épicerie, et on en a eu pour une heure !!!!!!!!!!! C’est dire si c’est pommé.

Le soir, Neguro san et d’autres hôtes ont organisé un énorme barbecue sur la terrasse, et nous invités à se joindre à eux. Qu’est-ce qu’on a rigolé ! Au fil de la soirée, ils étaient de plus en plus éméchés, ils nous ont appris des expressions en Japonais. C’est drôle, ils venaient justement de la région d’Osaka et ont fait du rafting toute la journée. On ne se comprenait pas toujours, mais c’était vraiment vraiment sympa.

Le lendemain, avant de partir, nous avons réservé une demi-journée de rafting. On était trois (avec un autre jeune Japonais qui faisait le tour de l’île de Shikoku)

Alors le rafting, avant ce jour là je ne connaissais pas. Le principe est très simple, on monte à bord d’un caneau pneumatique et on descend des rapides. Qu’est-ce que c’est rigolo ! Heureusement, l’équipage qui nous guidait savait vraiment diriger le bateau (nous on se faisait surtout trimballer), sous le commandement du chef (que nos hôtes de la veille avaient surnommé o-sakana, le vénérable poisson). Il pleuvait, mais ce n’était pas gênant, nous étions trempés de toute façon, et avec nos combinaisons mouillés, nous n’avions pas froid.

sur les photos, cest beaucoup plus impressionnant que sur le bateau, et je ne dis pas ça parce que jai le pieds marin !

sur les photos, c'est beaucoup plus impressionnant que sur le bateau. Je ne dis pas ça parce que j'ai le pieds marin !

et pourtant, jen ai bu, de leau douce !!!(je vous épargne les 48 autres photos du même genre !)Cétait quand même une bonne partie de rigoloade !

...Pourtant, j'en ai bu, de l'eau douce !!!(je vous épargne les 48 autres photos du même genre !) C'était quand même une bonne partie de rigolade !

bref, vous l’avez saisi, au Japon, y a pas que des gratte-ciel. Et pour cause, les auteurs d’haïkus ont bien péché leur inspiration quelque part ! J’espère que vous avez aimé ces vues sur le Japon sauvage !

11 avril 2009

Lorsque mes parents ont acheté la maison de Saint Michel sur Rhône il y a un dizaine d’années, mes frères et moi nous sommes vivement réjouis d’avoir enfin des cerisiers dans notre jardin (nous qui n’avions jamais vraiment eu d’ailleurs de jardin à nous, et encore moins de cerisiers……..) Et c’est vrai que chaque année (au cours des 4 années où j’ai vécu dans cette maison), en voyant éclore les fleurs, on se pourléchait les babines en pensant à la ventrée de cerises et aux délicieux clafoutis de maman.

Aujourd’hui, le 14 avril 2009, à Saint Michel pour passer le weekend en famille, mon coeur se serre en regardant les cerisiers en fleurs du terrain. Je pense au Japon. C’est un poncif d’affirmer que les Japonais adorent les cerisiers en fleurs, les 桜 sakura, symbole de l’évanescence des choses et des êtres, ainsi que l’expriment bien des poètes dans les haïku . J’en ai justement acheté une anthologie il y a quelque jours pour initier mes élèves de sixième à ce genre poétique, je vous en fait partager quelques uns dans cet article qui m’apparaissent aujourd’hui d’hui d’une curieuse justesse. Ceux-ci expriment en quelques mots la portée symbolique et esthétique des fleurs (car avant la floraison des cerisiers, les Japonais admirent celle des pruniers)

Puisqu’il le faut

entraînons-nous à mourir

à l’ombre des fleurs

KOBAYASHI ISSA

Squelettes

enveloppés de soie

nous contemplons les fleurs

UESHIMA ONITSURA

Mais le sakura, je l’ai découvert au Japon, c’est bien plus qu’un vieux symbole ou motif esthétique populaire. C’est toujours un phénomène de société incroyable.

Au moment où les cerisiers ont atteint le plus beau rose nacré, en famille, avec des amis ou avec les collègues, on va “voir les fleur”  “お花見” (ohanami)

お (o) est le préfixe honorifique que l’on ajoute à certains mots

花 (hana) la/ les fleur(s)

見 (mi) est la racine du verbe miru, qui signifie “regarder”

C’est ça qui est fabuleux avec la langue japonaise, les idéogrammes se combinent entre eux pour former des mots.

On amène donc une grande nappe, un pic nique (obentô), de l’alcool, des jeux et de la bonne humeur pour passer l’après-midi sous les arbres, à manger, discuter, boire et se reposer.

Dans le journal, tous les jours, se trouve un bulletin météorologique floral : un petit encart indique aux lecteurs l’avancée de la floraison des arbres dans la région. On peut donc choisir son coin sans être déçu. Il existe même des journaux spécialisés sur le sujet (c’est la même chose pendant les momiji, feuillages d’automne)

Dans les parcs et les jardins des temples, on peut alors assister à des accrochages virulents entre des groupes éméchés qui se disputent un emplacement. Mais ça, je vous l’avoue ne pas y avoir assisté. Le gros de la floraison des cerisiers, je l’ai manqué :  l’année dernière à cette époque nous étions en train de voyager en Chine. (On ne peut pas être de partout). Et quand je suis rentrée, Misato (la mère de ma famille d’accueil) se désolait, car une grosse pluie avait ravagé les arbres. Il y avait toujours des fleurs, mais c’était moins beau.

J’ai quand même eu la surprise remarquer que la grande des majorité des arbres plantés dans les villes étaient TOUS des cerisiers, illustrant ce poème de Ryôkan :

Le monde

est devenu

un cerisiers en fleurs

Mon instinct de morfale, plus pragmatique que poétique, s’est réjouit : je me suis dit qu’après tout, d’ici quelques semaines, nous allions pouvoir nous empiffrer de cerises!!!!!!!!!! Et quand j’ai demandé à Misato si on avait le droit de cueillir les fruits, elle m’a dévisagé d’un air interloqué. On achète les cerises au supermarché, c’est très cher ! Ces arbres là n’ont pas de fruits.

Ah lalala, l’arnaaaaaaaaaque !!!!!! des cerisiers sans cerise !!! Ils sont fous ces Japonais ! Et puis avec le recul, cela ne me surprend guère : les Japonais sont tellement propres et ordonnés, évidemment, qu’ils ne vont pas planter des arbres dont les fruits pourris, tiges et noyaux risquent de se répandre sur les trottoirs !

Comme Misato est pleine de ressource (et qu’elle lit beaucoup le journal) elle nous a permis d’aller voir les cerisiers à deux endroits où les fleurs n’étaient pas encore détruites.

Nous sommes d’abord allés à Yoshino, une montagne qui se trouve dans la préfecture de Nara. Le petit village était plein de monde, on se bousculait presque dans les petites rues (surtout au moment de prendre le train le soir). Nous avons un peu marché dans les rues bondées du village pour découvrir le site. On a mangé une spécialité saisonnière : de la glace à la cerise.

la montagne est toute rose

la montagne, toute rose

Puis nous nous sommes installés sur une natte pour nous reposer et goutter les spécialités du village (toute région au Japon a sa spécialité culinaire)

en plus sur la photo, je suis déguisée en Japonaise, courte tunique et caleçon
spécialité : un sushi au poisson fumé

spécialité : un sushi au poisson fumé

Cette famille a préféré le bord de la route pour avoir une meilleur vue sur la montagne

Cette famille a préféré le bord de la route pour avoir une meilleur vue sur la montagne

Et pour la première, des Japonais nous ont abordé pour prendre une photo avec nous. Ils étaient bien éméchés : le saké avait fondu leur timidité instinctive. Ils nous ont donné des paquets de petits gâteaux en remerciements.

Nos han-amis !

Nos han-amis !

Mais notre expérience du hanami ne s’est pas arrêtée ce jour là.

Je ne suis pas botaniste, mais je naurais pas cru que cet arbre est un cerisier

Je ne suis pas botaniste, mais je n'aurais pas cru que cet arbre est un cerisier

Misato m’a appris l’existence d’un curieux endroit, une rue, à Osaka, d’ordinaire fermée au public, qui est ouverte une semaine par an, lors de la floraison de ses arbres, des cerisiers d’une variété différente. Nous avons eu l’excellente idée de nous y rendre à samedi : nous avons dû faire la queue avant de rentrer dans la rue promise. La circulation était soigneusement maîtrisée par de agents de police.

En prenant du recul sur la situation, on ne peut que s’étonner : on faisait la queue pour aller voir des fleurs, qui sont les mêmes chaque année, et pourtant personne, au Japon, n’a l’air de s’en lasser…

ce nest pas une question dâge, que ce soit avec un appareil photo ou........

ce n'est pas une question d'âge, que ce soit avec un appareil photo ou........

un téléphone portable, on prend des photos !

un téléphone portable, on prend des photos !

Sous les fleurs de cerisier

grouille et fourmille

l’humanité

KOAYASHI ISSA

Alors c’est un peu mièvre comme conclusion, mais tant pis. Après ce séjour au Japon, plus jamais je ne porterai le même regard sur les cerisiers en fleurs…

31 décembre 2008

Avant de rentrer en France, je suis partie fin juillet-début août une quinzaine de jours en Indonésie, avec une halte à Taipei, à Taiwan. (post à suivre, patience…)

L’Indonésie est un immense archipel. Comme notre séjour était plutôt court, on a décidé de nous limiter aux deux îles les plus célèbres :  Java, l’île centrale, la plus peuplée, où se trouve la capitale Djakarta et Bali, paradis touristique en raison de ses belles plages, célèbre foyer de culture hindoue dans un pays majoritairement musulman.

L’Indonésie est aussi une terre de feu où séismes, éruptions volcaniques et tsunamis se sont abattus…mais le feu divin nous a épargné pendant notre séjour.

J1 Arrivée à Jakarta

Nous ne sommes pas restés à Jakarta longtemps, juste une nuit en attendant notre vol pour Bali le lendemain. Nous avons passé la nuit dans un des hôtels à touristes, dans une chambre plutôt pourrie, la moins pire de toutes celles que l’on a pu voir dans le quartier. Le muezzin nous réveille dans la nuit.

J2 Kuta

Le lendemain, nous sommes retournés à l’aéroport prendre notre avion pour Denpasar, Bali. Air Asia. Une des compagnie low coast du continent. On avait évité les compagnies indonésiennes, elles sont, d’après le site de l’ambassade de France, toutes sur liste noire.

Arrivés à Bali, nous avons décidé d’aller nous installer dans la station balnéaire de Kuta. J’en avais marre de ces voyages d’ouzbek menés à un rythme de folie, j’avais envie de me reposer sur une belle plage pendant une bonne semaine. Et on n’y est pas arrivés.

Première étape : Kuta, destinations privilégiées pour les touristes anglo-saxons… qui nous a réservé bien des déceptions. Les touristes sont bien sûrs tous rassemblés dans un quartier ghetto autour d’une plage. Vagues énormes, je n’en ai jamais vu d’aussi hautes : un régal pour les surfeurs, drapeau rouge pour les baigneurs. Résultat on s’est contentés du coucher de soleil. Les rues du centre à touriste sont très étroites, on manque se faire écrabouiller les pieds par un scooter. Les trottoirs sont occupés par des échoppes qui vendent toutes sortes de souvenirs hideux, de lunettes de soleil, paréos et autre instruments indispensables au plagiste moyen. Il n’est pas très tard, et l’étroite rue est remplie de poufs anglaises maquillées comme des voitures volées, qui sont venues ici pour choper du surfeur australien. En sortant de notre hôtel, on en voit un défoncé à je-ne-sais-quoi- et-je-ne-veux-pas-le-savoir qui mate à travers la fenêtre d’un bungalow. On l’aperçoit plus tard dans la rue en train d’attraper le derrière d’une jeune femme, qui, vu la manière dont elle est vêtue, a tout l’air de vendre ses services pour la soirée.Dans les coins sombres, des hommes nous proposent de la drogue, ce qui me fait d’autant plus frémir que le recel de substances illicites est puni de mort dans ce pays ! On presse le pas. Difficile de bien dormir, la musique des boîtes à côté braillent jusqu’au bout de la nuit. Bref, Kuta a tout pour me faire horreur, et au risque de passer pour des gens coincés, on n’a qu’une envie : fuir cette ville de débauche au plus vite.

J3 Sanur

On loue les services d’un chauffeur qui nous dépose dans une ville à côté. On est encore une fois déçus. La plage est certes beaucoup plus familiale, pas de pouffiasses qui exhibent leurs atouts plus ou moins séduisants ou de surfeurs défoncés pervers. Mais la plage n’est pas terrible, pas beaucoup d’eau, des algues. Et puis on doit l’admettre, un après-midi passé à ne rien faire (à part esquiver les bonnes femmes qui veulent toutes nous vendre des massages) on s’ennuie ferme.

J4 Nusa Lembogan

Le lendemain on est donc encore repartis à la conquête du paradis. On embarque sur le bateau à touristes pour une toute petite île qui se situe en face de Bali : Nusa Lembogan. Deux heures de navigation au cours de laquelle on a failli crever (on était assis au dessus du moteur, sans aération, et avec les effluves d’essence, difficile de ne pas attraper la nausée).

Tout un comité est au débarcadère pour nous accueillir. Fidèles à notre technique habituelle, nous l’évitons pour partir en quête d’un gîte potable. Erreur fatale. On ne s’en doutait pas, mais les places sont très rares, en cette haute saison touristique ! Le temps de laisser passer le troupeau, et de faire le tour des hôtel rassemblés autour du port… toutes les chambres sont prises, on n’ a jamais eu l’air aussi cons!

Je ne l’ai pas encore précisé, mais Nusa Lembogan est une île où les habitants sont tous principalement des pêcheurs d’algue. Juste derrière les quelques splendides hôtels qui accueillent les touristes se trouve un village des plus rustiques : les cabanes sont construites avec des feuilles de palmes. Une forte rafale de vent emporterait tout le village. A mon avis, cela a déjà dû arriver, vu le climat impitoyable de l’archipel. Sur de grandes bâches sèchent des kilos d’algues de couleurs.

Après avoir traversé cette partie de l’île en long et en large, on se retrouve assis sur la plage, sac enfouis dans le sable. On est la risée des gars du coin : les deux pignoufs de « puleh » échoués sur la plage. Puleh, en indonésien, c ’est la gayjin japonais, le gringo mexicain… l’étranger, le touriste quoi. On se demande si on va pas reprendre le bateau. « On va dormir sur la plage », qu’on répond au type hilare qui va nous demander ce qu’on compte faire, ça le fait bien marrer ! Tout se sait vite dans cette petite communauté… un autre gars armé de son portable nous promet nous avoir trouvé une chambre chez son frère. On le suit, un peu dubitatifs, et on arrive chez un pêcheur qui a une maison en béton qui donne sur le débarcadère. Il nous offre la chambre de son fils. C’est assez propre. Pas trop cher. Les deux partis sont contents. On dépose nos sacs à dos, et on part se balader à pieds dans l’île.

On a abandonné l’idée d’aller lézarder sur la plage. Comme au cours de tous nos voyages, nous avons beaucoup d’argent liquide sur nous (des yens, c’est fou ce que un gros billet de yen vaut de monnaies asiatiques, dongs vietnamiens, riels cambodgiens, baths thailandais…) et si on se fait dépouiller, et bien, il nous reste rien du tout. J’ai complètement oublié le code pin de ma mastercard française (changée juste avant mon départ au japon), ma carte de retrait japonaise ne fonctionne pas à l’étranger, celle de Gabriel non plus. On doit donc faire extrêmement attention, parce que sans un sou, on ne peut plus rien faire. On préfère ne pas prendre de risques inutiles.

le soleil tape fort en Indonésie, il faut protéger les esprits de ces durs rayons

le soleil tape fort en Indonésie, il faut protéger les esprits de ces durs rayons

coq

On fait des kilomètres à pieds sur l’île, admirant les différents paysages. On arrive de justesse à rentrer au village avant la nuit. Elle tombe tôt en Indonésie, 18h30 tous les soirs, toute l’année. Évidemment on est partis sans carte (puisqu’on on n’en a pas). Il est plus difficile que ce que l’on pensait de retrouver notre chemin.

Au beau milieu de la nuit, dans la chambre du pêcheur, on entend les vagues rugir. Si fort, c’est impressionnant. C’est bien plus séduisant que les tubes dance des boîtes de Kuta.

J5 Conversations matinales avec le pêcheur / Ubud

On se lève de bien bonne heure pour prendre le bateau pour Bali. Le pêcheur est déjà debout. Sa femme nous a préparé un petit déjeuner local : thé sucré, patates douces bouillies et bananes frites. Bon sang, ce que c’est bourratif les patates douces. On a une longue conversation avec notre hôte. C’est un vieil homme à l’iris droit rongé par une cataracte. Quand il pose une question, il s’adresse toujours à Gabriel. Cela ne l’empêche pas de me répondre quand c’est moi qui lui demande quelque chose. C’est un homme curieux, il pose plein de questions. Il a entendu dire que le Brésil et l’Indonésie se ressemblent. Cela l’intrigue. Question de climat.

La veille, on a entendu des chants : le village se rassemblait à l’occasion d’une crémation. Il s’étonne que dans nos pays on enterre nos morts : ça prend trop de place ! On ouvre les tombes quand il ne reste plus que les os, on invite tout le monde et on brûle les restes.

Comme nous sommes rentrés de nuit, on a boudé sa salle de bain. Conformément à la tradition indonésienne, de l’eau douce stocké dans une grande cuve en faïence, le mandi. On prélève de l’eau à l’aide d’un petit récipient pour se doucher. Notre hôte est un peu vexé et nous fait la remarque : « no shower ? » Et il nous vante les vertus de son eau. Plus tard, quand je me plains de m’être fait piquée par les moustiques, il nous vanne « c’est parce que vous ne vous êtes pas lavés ! » On rigole, c’est de bonne guerre.

On parle des algues. Depuis le lever du soleil, les pêcheurs sont déjà dans l’eau. Ils ont de gros paniers sur le dos, ou qui flottent à leur côté. Ils cueillent les touffes d’algues à pleines mains. Selon la couleur, elles n’ont pas le même prix. Ce n’est pas la même espèce. Un kilo…ne vaut pas grand chose. Ce sont les usines de cosmétiques qui achètent cette matière première.

Nous avons remarqué dans la chambre une photo de sa petite famille en compagnie d’une jeune japonaise (vu le signe ‘peace’ qu’elle fait en prenant la pose, il y a peu de chance de se tromper. Bon, en plus il y a un magazine en japonais dans la chambre) Son fils était guide, c’est comme ça qu’il a rencontré cette jeune femme. Ils se sont mariés, et vivent maintenant tous les deux à Tôkyô. Nous sentons sa fierté quand il nous l’explique; mais aussi sa tristesse. Il baisse les yeux. C’est son seul fils, et il vit si loin. Ils ne doivent pas se voir très souvent.

Nous repartons de l’île satisfait du tour étrange que notre expédition a pris. Nous avons l’impression d’avoir tellement appris de cet échange avec ce vieil homme.

Le voyage en bateau se déroule mieux qu’à l’aller. A 7h du matin, le bateau est moins rempli. On a plus d’air.

On prend ensuite une navette pour l’intérieur de l’île : Ubud, petite ville touristique au milieu des rizières en terrasse. L’après-midi, une fois débarrassés de nos bagages, et le ventre rempli, nous allons visiter le temple qui se trouve dans la ville. Un autre sanctuaire à singes. C’est décidément la mode en Asie. C’est évidemment claffi de touristes. Je ne l’ai pas encore mentionné, mais Bali est apparemment la destination privilégiée de mes compatriotes. J’entends du français de partout. Moi qui suis de retour au pays dans quelques semaines, cela me remet dans l’ambiance.

¨Pour en revenir aux singes (les animaux) ils sont plutôt rigolos… sauf celui qui griffe Gabriel (ce qui lui vaudra une série de piqûres contre la rage de retour au Brésil)

Le soir, nous allons voir un de ces célèbres spectacles de danses balinaises. C’est une sorte d’opéra, et je ne comprends pas tout de la très compliquée intrigue. Une princesse est envoûtée par un génie malfaisant. Les danseuses manifiquement vêtues et aux coiffes fleuries maîtrisent la moindre partie de leur corps, chaque positions des doigts est calculée. Elles balancent leurs cous à droite et à gauche dans de brefs mouvements saccadés, en roulant terriblement des yeux.

J6 Dans la campagne d’Ubud à vélo

Je ne suis pas très chaude à l’idée de louer un scooter (depuis notre mésaventure au Vietnam) surtout que pour conduire cet engin en Indonésie, il faut détenir un permis de conduire (ce qui n’est pas mon cas, et Gabriel n’a pas emmené le sien). Autrement dit au premier contrôle de police, on est bons pour aligner les billets !

On se décide alors pour les vélos pour explorer la campagne des alentours. Le problème est qu’on n’a pas une carte très précise, et que l’on se perd pas mal dans la campagne sans trouver tous les endroits indiqués par le guide. Plutôt que de s’aventurer sur des petites routes, on reste sur la route principale, ce qui nous fait beaucoup transpirer  de chaleur…et de frayeur (pleins de chauffeurs conduisent comme des sagouins) On arrive quand même jusqu’à la “grotte des éléphants”, sanctuaire religieux.

J7 Padang Bai ou le deuil du Paradis

Il nous reste un dernier jour à Bali, ensuite, il va falloir retourner à Java : nous avons rendez-vous. Au Japon, nous comptions parmi nos camarades une javanaise, Kasih, qui nous a promis de nous servir de guide sur son île.

Nous décidons de donner une dernière chance aux plages balinaises, et  prenons le bus pour une autre petite station balnéaire : Padang Bai. En général, les touristes ne sont que de passage : de cette ville, on peut prendre le ferry pour Lombok, une autre île à plages.

Padang Bai est en fait un petit village, qui comporte deux plages principales. Nous nous rendons à la première. Elle se trouve dans une très joli crique. Paradis, te voilà ! Au moment où l’on va se tremper les pieds dans l’eau, on se rend compte que le courant est très fort : des cailloux viennent nous fouetter les mollets. Devant nous un immense gaillard s’effondre dans l’eau et commence à appeler au secours. Il est tombé dans un trou d’eau (Gabriel se précipite, et évidemment glisse sur un rocher, se blesse la main…entre temps, le gros bonhomme s’est tiré d’affaire)…bon, je n’ai plus trop envie d’aller me baigner : je ne suis pas une très bonne nageuse.

Du coup, on décide d’aller sur l’autre plage… Mais pas de chance… L’accès est interdit pour cause de travaux. Un riche bonhomme fait construire une villa, et s’est approprié le territoire : c’est dégueulasse !

petit port de Padang Bai

Tant pis, on finit l’après-midi à faire trempette entre les bateaux sur la plage du village, qui sert de port. (Le lendemain, j’aperçois un chien crevé à côté du ponton, et vu l’état de la bestiole, ça fait un moment qu’il est là……..pouah! et dire que pas loin, la veille, il y avait des gamins, des touristes évidemment, équipés de masques et de tubas…)

ça suffit… on ne trouvera pas la plage de nos rêves à Bali… et je ne comprends pourquoi on fait un tel foin autour de cette île. c’est vrai, on a vu de belles choses, mais de là à en faire un paradis tropical…! Les plages de Thaïlande étaient plus belles.

A Bali, il faut regarder où l’on met les pieds pour ne pas piétiner d’offrandes. Plusieurs fois par jour, les habitants lacent ces minuscules panières tressées remplies de fleurs, quelques grains de riz, parfois des bâtons d’encens, partout, sur les trottoirs, dans les cours des hôtels… pour les esprits de l’île.

J8 Transit vers Java

Pour passer d’une île à l’autre plusieurs solutions sont possibles : avion, bateau ou bus. Nous optons pour la troisième. Nous devons parlementer avec un chauffeur de taxi pour qu’il nous emmène jusqu’à la gare routière. On monte dans la voiture du type qui roule quinze minutes, s’arrête et nous fait payer avant de monter dans le mini bus d’un autre type qui ne parle pas anglais. C’est assez étrange parce qu’on se retrouve un moment à attendre sur le bas côté de la route, sans savoir vraiment si l’on va arriver où on le souhaitait ! Au bout d’un bon quart d’heure, le mini van démarre en trombe, et nous emmène jusqu’à la gare routière en ignorant toutes les personnes qui lui font signe de s’arrêter.

Nous sommes accueillis à l’arrivée par une foule de prédateurs. Le chauffeur leur a lancé que nous allions à Java. Alors les concurrents se pressent pour nous faire cracher les billets. C’est odieux, nous ne savons pas où aller, sans se faire avoir. Enfin, malgré nos précautions, on se fera quand même rouler. Après un tour du tripot routier, on se décide à avancer vers un guichet. On achète nos deux tickets pour Probolingo à l’ouest de Java. De là on compte prendre un bus pour Bromo, village qui se trouve aux pieds de trois volcans.

En embarquant, on remarque que la compagnie de bus ne correspond pas au dépliant montré par le type du guichet. En gros il nous a vendu un billet plus cher pour un bus moins confortable : les sièges sont très serrés - en observant les passagers qui montent dans le bus plus tard on remarque qu’ils donnent au chauffeur quasiment deux fois moins d’argent !on se fait une raison, on s’attendait à payer ce prix, tout ce qu’on veut, c’est être transportés et arriver à bon port : c’est là que nous allions avoir une sacré surprise !

Dans le bus, à droite on remarque une dizaine de garçons d’à peu près notre âge, des Indonésiens, qui voyagent ensemble. Nous sommes les seuls étrangers. Le bus roule jusqu’à l’embarcadère du ferry : et oui, le bus n’allait pas flotter tout seul jusqu’à Java ! les bus s’alignent dans une longue file pour embarquer sur le ferry. Les marchands ambulants envahissent le bus, chacun vend un petit truc. Nos voisins, les garçons dévalisent le marchand de beignets : qu’à cela ne tienne, nous les imitons ! c’est la première fois que nous osons acheter à un marchand ambulant, on a toujours eu peur d’y gagner un flux d’entrailles, on ne sait pas si c’est très propre. Mais l’appétit de nos voisins nous encourage à surmonter nos préjugés. On achète aussi des oeufs durs et du tofu séché à deux autres marchands : grignoter nous occupe.

Une fois le bus embarqué dans le ferry, les passagers descendent. Ce n’est pas pour admirer le paysage, il fait nuit noire, on ne voit rien du tout. Les garçons nous invitent à les suivre. Ils parlent anglais, On en profite pour faire un peu connaissance. Ils sont tous étudiants dans la même université à Surabaya, en architecture et ils sont allés passer leurs vacances à Kuta (la ville qu’on avait tellement détestée ! ) Eux ont bien rigolé là-bas dans les grosses vagues. C’est sûr, ils n’étaient pas à la recherche de la même chose que nous. Le frère de l’un d’entre eux étudie au Japon cette année aussi, comme nous. Ils avouent avoir bien rigolé quand nous avons mangé la sauce du tofu dans le bus : le tofu est comestible, nous expliquent-ils, mais manger la sauce nous expose à plus de risques sanitaires ! Cela m’amuse beaucoup de savoir qu’ils nous observaient du coin de l’œil et se marraient ! Ils ont l’air un peu étonnés d’apprendre que nous allons à Probolingo. Le bus est à destination de Surabaya.

Nous rejoignons le bus et nous endormons… nous sommes sensés arriver à Probolingo à 4/5 heures, et il faudra trouver un moyen de transport jusqu’à Bromo. Quelques heures plus tard, on nous réveille, le bus s’arrête. Je me frotte les yeux gonflés par le sommeil, regarde ma montre, il est 2 heures du matin ! Il fait nuit noire, le chauffeur balance nos sacs et part en trombe. On se regarde, je m’exclame : ce n’est pas possible, c’est un cauchemar ! Nous sommes dans la nuit, seuls avec nos sacs à dos, au bord d’une grande route. Il y a des sortes de magasins éclairés. Un type nous saute dessus et commence à nous harceler en répétant “bromo, bromo”. Effectivement, c’est là où nous voulons aller, mais on ne risque pas de suivre ucette lugubre apparition  en pleine nuit. Je rappelle que nous sommes des banques sur pattes, nous avons beaucoup d’argent sur nous … si nous nous faisons dépouiller, il ne nous restera plus rien pour rentrer !  Une poussée d’adrénaline balaie toute trace de sommeil, il faut se sortir de cette  situation. Nous commençons à marcher en pressant le pas, complètement au hasard le long de la route, en ignorant le gars qui ne nous quitte pas d’une semelle. Sur le chemin nous repérons un poste de police, nous entrons. Gabriel qui a l’esprit plus alerte que le mien (je suis tout simplement paniquée) a trouvé dans le guide le mot qui signifie “gare routière” en indonésien. Il montre le mot au policier qui est de garde. Avec un air amusé, il fait un geste dans une direction, sans même articuler un son. Nous n’avons pas le choix, nous ressortons, et descendons la rue qu’il nous indiquée. Nous marchons au pas de course, sans trop savoir où nous allons arriver. C’est vraiment la première fois que j’ai peur. “Mais c’est pas possible….” Nous marchons… je n’ai aucune notion du temps, 5, 10, 15 minutes ? L’autre gars a arrêté de nous pister. Nous apercevons un autre poste de police et nous y entrons. Bien sûr je me demande si c’est une bonne idée, si on peut avoir confiance en la police dans un pays comme celui-ci… Je préfère faire taire la petite voix qui me souffle un scéna rio de film d’horreur : nous n’avons pas le choix, nous ne savons pas où nous sommes à cette heure avancée de la nuit !

Cette fois-ci l’officier n’est pas seul. Il nous fait asseoir. Gabriel arrive à communiquer avec lui, avec quelques mots d’anglais et d’indonésien, un vague dessin… J’assiste à la scène  éberluée , j’ai l’impression de rêver. Pour résumer la tenueur de ce dialogue étonnant  :  il est bien trop tôt pour prendre un bus. La gare se trouve de toute façon à deux kilomètres. Il nous indique deux hôtels et nous recommande le moins cher. A vrai dire, il ne fait pas que nous le recommander : son acolyte nous y conduit !

Et voici donc les deux touristes qui arrivent dans une auberge crasseuse dans une voiture de police, au beau milieu de la nuit ! Il ne reste qu’une chambre. Pas de draps, seulement une housse douteuse recouvre le matelas. Dans le mandi de la salle de bain (cuve de céramique qui contient l’eau pour se laver) des larves de moustiques font la farandole. c’est certainement la chambre la plus sale de notre carrière de voyageurs, mais nous sommes tellement heureux d’avoir trouvé un toit ! Le cauchemar est terminé ! Nous dormons jusqu’à dix heures le matin !

dire que pendant ces vacances je voulais principalement me reposer à la plage et éviter les plans craignons, la course aux autobus, on va dire que c’était un triomphe !

J9 Bromo

De jour, c’est beaucoup moins impressionnant de marcher jusqu’à la gare routière. Après le tour des différents options, nous montons dans une grande camionnette transformée en bus. Je suis à l’avant, assise à côté de deux jeunes filles, Gabriel va s’entasser derrière, au milieu des hommes.. et nous voici partis dans la montagne. Ma voisine parle quelques mots d’anglais et m’explique qu’elle est partie à la journée avec son amie escalader le volcan Bromo. Comme souvent lorsque nous sommes au milieu des habitants, nous n’osons pas dégainer nos appareils photo, nous nous contentons d’observer les plantations, la forêt. Nous suivons une petite route de montagne, traversons de petits villages, des passagers montent, descendent, transportent des paniers de fruits. Le mini bus nous dépose finalement aux pieds du premier hôtel. Le village est tout petit. Deux hôtels vides peuvent nous accueillir. Nous choisissons le plus intéressant des deux et partons un peu en exploration. Nous comptons partir le lendemain matin, pour escalader le volcan de nuit, et assister au lever du jour au sommet. (A vrai dire, nous n’avons pas eu l’idée tout seul c’est une sorte d’usage ici, recommandé par les guides)

Le volcan Bromo crachant ses fumées sulfureuses.

Nous traversons l’immense plaine de sable volcanique, un vrai désert, en  chronométrant pour préparer notre expédition du lendemain. Nous croisons beaucoup de paysans qui traînent des poneys : ils vendent un tour à cheval aux touristes. Aux pieds du volcan, se trouve un temple.

De retour au village, les nuages ont plongé sur nous, donnant au paysage un air surréaliste.

une rue du village

Nous allons nous coucher assez tôt : réveil matin à 4h. En une heure et demie,  nous avons une heure et demie pour arriver au sommet du volcan.

Au petit… petit petit matin, nous nous couvrons avec tous nos vêtements. Comme tout désert qui se respecte, la plaine promet d’être glaciale. Nous n’avons pas beaucoup de vêtements chauds… alors tout est bon : mon paréo est transformé en écharpe. Et nous voilà partis dans la nuit noire. C’est une des expériences les plus déroutantes de ma vie : nous sommes vraiment dans l’obscurité la plus totale, nous ne distinguons rien, pas même nos mains. Nous avons une toute petite lampe de poche, elle éclaire nos pas, mais pas plus d’un mètre. Alors quand au bout d’un quart d’heure elle rend l’âme, on se sent quelque peu déboussolés !

Heureusement, j’ai mon téléphone portable dans mon sac, et comme les Japonais pensent à tout, il est équipé d’une toute petite ampoule… cela m’avait toujours bien fait rire, mais voilà que ce gadget nous a évité de terminer dans un ravin !!! nos yeux ne distinguent pas grand chose dans l’obscurité, il n’est plus question de faire demi-tour.

Nous voilà donc partis… une bande de frimeurs nous double dans la plaine volcanique, ils se la pètent avec leurs lampes frontales. Nous avançons dans le désert glacial en longeant d’abord la barrière - puis nous commençons à escalader. J’ouvre la marche. Gabriel me suit, en bon gentleman :  le portable n’éclaire que mes pas, quand je repère un trou ou une racine je me retourne et éclaire le chemin de Gabriel - ce qui ne l’empêche pas de se prendre un certain nombre de gamelles quand j’ai le dos tourné. Il n’a jamais eu un bon équilibre, alors forcément, l’escalade à l’aveuglette ! Et oui, au bout d’un moment, nous commençons l’ascension.

Le chemin est de plus en plus étroit et raide. Nous apercevons les frimeurs avec leurs casques dans une autre direction. Gabriel soudain pense que nous ne sommes pas en train d’escalader le bon volcan. Je le rabroue, ce n’est pas possible on a vérifié le chemin la veille, et puis l’autre sommet est bien trop raide pour pouvoir être escaladé à pieds, sans matériel ! Il me fait remarquer que le sommet que nous distinguons n’est pas le Bromo. En forçant sur mes prunelles, droit devant nous, j’aperçois les vagues contours d’un relief… c’est un fin liseré, à peine visible… pourtant il faut que je me rende à l’évidence, nous ne sommes pas sur le bon sommet ! Alors que nous commençons à rebrousser chemin, nous entendons le bruit d’une galopade…. C’est presque angoissant : nous savons que des paysans nous ont repérés et nous cherchent. Nous voudrions essayer de les éviter, nous avons trop honte. Et puis l’un d’eux surgit devant nous avec une lampe (le petit futé !) et nous bafouille en anglais, haletant : “ce n’est pas le mont Bromo ici, vous voulez un guide ?”

Nous sommes absolument couverts de ridicule (les deux gringo perdus dans la nuit sans lampe, y a de quoi se marrer quand même) On répond que l’on sait très bien où l’on est merci bien… c’est du bluff total, mais nous sommes dans nos petits souliers d’aventuriers de pacotille !

Nous avons eu le temps de presque tout redescendre… de façon presque miraculeuse, au  moment où le guide nous a rejoint, nous avons trouvé le bon sentier. Le ciel commence à s’éclaircir, on voit enfin où l’on met les pieds…. mais le soleil n’est pas encore sorti de sa tanière. Maintenant que nous sommes aux pieds du bon volcan, nous recommençons notre ascension en courant ! c’est trop bête, on ne veut, pour rien au monde après toutes ces péripéties manquer le lever du soleil !!! On croise des paysans tous les mètres qui nous proposent leur poney pour terminer l’ascension, mais il en va de notre honneur, c’est à pieds que nous arriverons ! nous grimpons les dernières marches quatre à quatre. Nous nous asseyons tout transpirant dans un coin. Il y a déjà une quinzaine de touristes déjà installés là. C’est la première fois que j’attends le lever du soleil, que j’y prête véritablement attention. Les yeux fixés sur l’horizon, l’attente est insoutenable, le froid commence à nous envahir… Nous tremblons légèrement en  regardant le ciel s’éclaircir, lentement.  Nous manquons nous étrangler lorsque le vent détourne les fumées sulfureuses qui émanent du cratère. Un vrai poison. Soudain, l’horizon s’embrase, dans un halo incandescent, le soleil apparaît enfin… en quelques secondes, il a franchi la barrière montagneuse et éclaire nos mines heureuses : nous sommes arrivés à temps.

voici donc le volcan que nous avons grimpé par erreur !

dernier regard sur le Bromo, que nous ne sommes pas prêts d'oublier

De retour à l’hôtel, en attendant notre petit déjeuner avec impatience, les ascensions nocturnes, ça creuse ! nous comprenons enfin que nous avons oublié de  changer nos montres d’heure ! il y a une heure de décalage horaire avec Bali ! et si étions à la bonne heure, nous aurions manqué notre lever du soleil…. nous sommes debout depuis 3 heures du matin !! qu’à cela ne tienne, nous retournons nous coucher jusqu’à midi, on verra bien comment repartir d’ici (et puis déjà la nuit précédente avait été mouvementée !)

Dans l’après-midi, nous trouvons le moyen de partir pour Yojarkarta, notre prochaine étape à Java. Un employé de l’hôtel nous vend des billets pour un bus privé. Départ en début d’après-midi. Un chauffeur nous conduit  à Probolingo, où nous attendons quelques heures avant d’embarquer dans un van avec d’autres touristes, des anglaises dévergondées qui ne nous adressent pas la parole, un couple très jeune (ils ont moins de 20 ans). La plupart du voyage se déroule de nuit. Nous sommes sensés arriver vers 5h du matin, mais comme notre chauffard presse allègrement sur le champignon, nous arrivons au beau milieu de la nuit dans le quartier où sont concentrés les hôtels de Yogja. Nous sommes bien sûr crevés, difficile de dormir quand on est secoués comme des feuilles de laitue dans un essoreur à salade. Enfin nous sommes entiers. Pendant que je garde les sacs avec l’autre fille près du bus (nous avons largué les Anglaises dans une autre ville), nos hommes sont partis chercher une chambre potable dans le quartier. Heureusement Gabriel vient vite me chercher , il a trouvé, on va pouvoir dormir. Que d’aventures à Java !

J10 Yogja

Quand on a enfin émergé, nous avons appelé notre copine Javanaise Kasih, qui était dans la même université que nous au Japon :  elle avait promis de nous rejoindre au cours de notre voyage et nous avait invité à rester chez son frère qui habite dans la région.

Nous avons passé la fin du séjour avec elle. C’était vraiment sympa, nous avons découvert avec elle la vie quotidienne en Indonésie.

Elle nous a guidé à Yogja pour ce premier jour. Sur les rues marchandes, Kasih nous a prouvé qu’elle était une négociatrice hors pair. j’ai acheté des tongs, des tshirts et une petite robe pour Momo-chan pour une bouchée de pain. Nous sommes montés dans une vieille citadelle… et nous avons goûté à toutes sortes de snacks locaux.

dans cette charette, la dame vend toute sorte de beignets, à la banane, à la patate douce...

Nous avons dîné dans un petit restaurant de rue, assis sur une natte.

J11 dans les environs de Yogja

Pour cette journée de tourisme, le frère de Kasih a loué une voiture et nous a emmené dans tous les sites touristiques des alentours de Yogja.

1er arrêt temple de Borobudur

Ce temple fait la fierté des Javanais, c’est l’un des plus grands monuments bouddhistes du monde. Il comprend des centaines de statues de bouddha, logées dans des niches, ou dans des stupa, les coupoles ainsi que des kilomètres de bas-reliefs relatant des légendes.

2ème arrêt : complexe hindouiste de Prambanan

2ème arrêt : complexe hindouiste de Prambanan

vendeuse de boissons sur le site de Prambanan

Le soir, nous sommes rentrés chez le frère de Kasih et nous avons rencontré sa femme, qui travaille dans une école, et leur petit garçon de quelques mois. Nous nous sommes sentis gênés. La famille s’est serré pour nous laisser une chambre. Si la maison comprenait tout l’équipement d’une maison normale : frigidaire, télé,mobilier… il manquait quelque chose d’étonnant : l’eau courante ! Dans la salle de bain, de l’eau est stockée dans de grandes cuvettes, pour “tirer la chasse” ou se laver les mains. Malheureusement, une usine chimique a été construite dans la région, polluant l’eau du puits voisin et lâchant des nuages nauséabonds dans l’atmosphère. Evidemment, personne n’a demandé l’avis des habitants avant de construire ce fléau. La famille de Kasih compte déménager prochainement, pour aller s’installer dans un meilleur environnement pour le bébé.

Le soir, pour faire notre toilette, nous sommes allés chez la nounou du bébé : sa maison dispose de son propre puits, à l’eau plus pure. Je pénètre la première dans le cabanon de pierre qui se trouve dans le jardin. Il suffit de pomper de l’eau du puits qui coule directement dans le mandi (bassin de pierre) puis de puiser de l’eau du bassin à l’aide d’une sorte de sceau muni d’un manche.  Je me déshabille dans l’obscurité : la nuit est tombée depuis 17h30, alors c’est à la lueur d’une chandelle que l’on se débarbouille les uns après les autres. L’eau glaciale me fait sursauter, je retiens un cri pour ne pas vexer nos hôtes ! Je respire profondément et verse à nouveau de l’eau gelée en haut de l’échine, je me savonne et me rince rapidement pour mettre fin à la séance de torture ! J’ai horreur de l’eau froide !

En attendant Kasih on s’assoit sur le banc, dans le couloir de la maison de notre hôtesse. Un énorme cafard surgit alors, Gabriel et moi détournons les yeux pour ne pas offenser notre hôtesse qui bondit et éjecte le parasite à grands coups de pieds. Difficile de retenir un éclat de rire devant cette partie de foot improvisée, la scène est vraiment cocasse !

Notre hotesse a tenu absolument à nous offrir des vêtements en batik, tissu traditionnel indonésien ! Nous n'avons même pas pu la remercier en personne, elle était au travail, et s'est absentée de l'école le temps de faire sa course et de remettre le paquet à son mari.

à suivre …

j12-13 Salatika

3 juillet 2008

26 mars.

Grande Pagode de l’Oie

Nous avons la matinée de libre. Nous prenons le bus pour

visiter la “grande pagode de l’Oie”, temple le plus célèbre de Xian. Le bâtiment n’est pas très beau : une grande tour

brune, rectangulaire. C’est une belle journée. Autour de la muraille qui entoure le temple, les familles se promènent. Les enfants courent. Un papa nous arrête pour que nous posions avec sa femme et son fils.

Nous sommes flattés, mais nous ne savons pas encore que ce sera la première d’une longue série! Sur les lieux touristiques, on nous le demandera (ou non!) souvent. Le jardin de la pagode est bien fleuri, arbres blancs, roses, magenta . On croise quelques moines. Certains visiteurs brûlent des bâtons d’encens pour accompagner leur prières.La promenade est plaisante.

Vers l’aéroport

L’heure tourne,

et on ne retrouve pas l’arrêt de bus pour retourner au centre ville. On demande à une passante. (On a gribouillé notre destination sur un bout de papier) Elle ne parle pas un mot d’anglais, mais on sent qu’elle a embrassé notre cause avec passion. Elle monologue à voix haute, déchiffre les itinéraires, passe un coup de fil. Le numéro magique est enfin révélé. Au moment où le bus parait, notre nouvelle compagne crie

les instructions au chauffeur. Je me demande si mes compatriotes sont aussi gentils avec les touristes perdus…On récupère nos bagages à l’hôtel, court rattraper la navette pour l’aéroport en essayant d’esquiver les chauffeurs de taxi trop collants… Au comptoir d’enregistrement (une heure après), l’employé pianote un moment sur son écran. Y aurait-il un problème? Nous avons acheté notre billet sur Internet… rien de grave : on est juste venus un jour trop tôt, on s’est plantés! oups. Retour en ville.

Tang dynasty

On improvise notre soirée en partant pour un théâtre, où l’on achète des billets pour le soir même. En attendant le spectacle, nous entrons au hasard dans un restaurant bien animé. Une serveuse nous accueille en anglais. Elle nous tend le menu, ou plutôt une liste d’idéogrammes bien serrés, assortis d’un prix. Elle nous conseille de commander le plat de la première ligne. Qu’est-ce que c’est? Difficile à expliquer, répond-elle. Bon c’est parfait! On nous amène un peu plus tard une casserole : sur un lit de légumes, de petits oiseaux rôtis et épicés. La serveuse et le manager sont aux petits soins avec nous. On se brûle un peu la langue, mais c’est bien bon.

Le spectacle se déroule dans un café théâtre. Le thème des quatre pièces est historique. Lors de la dynastie Tang,à la Chine régnait sur l’Asie. La mise en scène ne fait pas très authentique, éclairages vifs, fumigènes, costumes clinquants. L’orchestre, les chanteurs et les danseurs ensemble produisent un spectacle délicieusement kitsch . On passe une super soirée!

27 MARS

Quartier musulman

Nous profitons de la matinée pour faire un tour dans le quartier musulman de la ville. Petites échoppes de fruits secs, kebabs, beaucoup d’hommes et de femmes ont la tête couverte. C’est étrange de retrouver une atmosphère familière dans un monde si différent. A vrai dire, je ne savais pas du tout qu’il existait une importante communauté musulmane en Chine (ok, je ne savais pas grand chose sur la Chine).

La visite de la grande mosquée est déroutante : elle ne présente aucun trait commun avec celles de Turquie.

L’architecture est on ne peut plus chinoise : toits recourbés, minaret en forme de pagode… habile déguisement pour se protéger des persécutions.

Les portiques sont ornés de calligraphies arabes. Avant d’arriver jusqu’au hall des prières, on traverse une série de cours et jardins. Quelques croyants rassemblés bavardent tranquillement, les oiseaux chantent, une petite brise agite les arbres, causant une pluie de fleurs.

Nous retournons dans la rue bruyante, artère vitale du quartier, pour goûter une spécialité au hasard dans un petit restaurant. Il y a un menu en anglais (qui affiche accessoirement des prix doubles à celui du menu en chinois) Tant pis. Le bol de grosses nouilles froides assaisonnées au sésame, un snack populaire, passe bien. Par contre, l’agneau grillé est en fait un ragoût un peu trop épicé. Ils devraient revoir leur traduction.

En début d’aprem, nous partons donc comme la veille jusqu’à l’aéroport. Quelques heures plus tard, nous avons fait un bond de quelques centaines de kilomètres!

2 juillet 2008

Petite notice de phonétique en passant :” x” transcrit le son “ch” en chinois. La ville porte mal son nom…. mais avant, commençons par le commencement : le voyage en train.

Jusque là, nous avions pris des trains de nuit. J’avais été surprise par l’extrème organisation et efficacité du service. Et bien la journée, c’est pas la même chanson! Tout d’abord, le train arrive bien en retard. On comprend vite pourquoi : jusqu’au dernier moment, les portes menant jusqu’au quai étaient restées fermées. Alors que le train s’approche, on ouvre le passage, et c’est la débandade. Nous sommes pris dans une nnorme vague humaine, tout le monde pousse, et se précipite pour entrer dans les wagons. C’est d’autant plus incompréhensible que chacun a un billet numéroté… autrement dit, pourquoi écraser la petite môme ou foncer dans la femme enceinte pour être sûr de monter avant? Il y a de la place pour tout le monde! Pire que la queue du self au collège…

Dans le train… ça pue! Une affreuse odeur de renfermé. 90% des 182 places du wagon sont prises. Je suis assise entre deux petits papys… J’ai une peur bleue de me faire cracher dessus. Tout le monde ici, enfants, femmes, vieux ou jeunes, se livre à cette activité, quelque soit le lieu. On se râcle bien la gorge pour ramasser le plus de glaires possibles, et pfffffou, par terre…qu’on soit dans la rue, une gare, un train, un bus.

On trouve des panneaux assez évocateurs dans les trains. La traduction anglaise est d’ailleurs assez marrante (”cracher” en anglais se dit spit!)

On se mouche aussi parfois avec les doigts. Un mouchoir? pour quoi faire? il suffit de se boucher une narine, et d’éjecter la morve en soufflant d’un coup sec…. on étale avec le pied pour nettoyer le sol. C’est vraiment à gerber! J’essaie d’être tolérante mais ces pratiques dépassent mon seuil d’ouverture d’esprit.

Pour clore le chapitre hygiène, je vais parler des bébés. Dès qu’ils ont un ou deux ans, qu’ils commencent à trotter, ils portent des pantalons fendus, découvrant leurs petites fesses à l’air. Une envie pressante? Il suffit d’écarter les pattes, et de pisser en plein milieu (par exemple dans le tunnel souterrain qui relie le quai à la gare, au milieu des quelques centaines de passagers qui descendent du train), comme un petit clébard! Pas de sous vétements? Du papier toilette? ben voyons, les petites filles peuvent s’essuyer dans leurs salopettes! Certains touristes trouvent ça mignon… enfin pardonnez-moi, j’ai du mal à m’attendrir devant ce spectacle… Pardonnez ma vulgarité, mais une merde, ça reste une merde!
L’armée de terre cuite

Bagages déposés à la consigne, nous filons dans un bus pour profiter de la fin de l’aprem. Le site archéologique se trouve aux pieds d’un massif de montagnes, à une heure de Xian. (après 5heures de train, on n’est plus à ça près! pfffffff c’est grand la Chine!)

Tombeau de l’empereur Qin Shi Huang, gardé par une armée grandeur nature. Le hall principal abrite 6000 statues de guerriers, fantassins, cavaliers en terre cuite. En pénétrant dans le hall, on frisonne. L’air est frais.Une fort parfum d’argile assaillit les narines, douce odeur d’Histoire.

Ce sont les espaces vides du lieu qui m’impressionnent… c’était vraiment immense…Un bon nombre de statues est en excellent état, grâce au patient travail d’archéologues, amateurs de puzzles casse-tête. L’image de l’armée au grand complet se dessine sous mes yeux, une interminable vague humaine, comme dans les films historiques. Il paraît que l’on ne peut pas trouver deux statues au même visage.

encore un cadeau d’un empereur mégalo! angoisse du néant, disparaître sans laisser de traces de son passage sur terre, comme l’incroyable tombeau du Nemrut Dagu en Turquie… Splendeur d’un tombeau pharaonique, rêve d’immortalité : trésor pour l’historien, photo indispensable pour le touriste lambda, escapade hors du temps pour le rêveur, puissante image pour l’esthète… merci les gars!

Xian

Xian m’a réconciliée avec la Chine. Jusqu’à ce matin, j’avais encore bien les boules : marre de marcher dans du crachat et de voir des fesses de bébé partout, de me faire héler comme un chien (shaolin! shaolin! non, moi, c’est Charlotte!)

En arrivant en ville, la nuit est tombée. Les façades du centre ville sont illuminées comme au Japon ou en Corée. C’est une ville fortifiée, au centre la Tour de la cloche, et la tour des tambours. Le portail sud brille comme un sapin de Noël. Quel contraste avec l’immonde Luoyang, sombre et inquiétante, aire de rapaces prêt à fondre sur le touriste!Xian se démarque. Riche cité, sur l’avenue principale,de larges boutiques de luxe, prada, armani, se suivent. Une équipe de jeune femmes souriantes et serviables nous accueille à la réception de l’auberge de jeunes. Dire qu’on prend l’avion le lendemain pour Chengdu… on est presque déçus de repartir si vite.

1 juillet 2008

24 mars

En arrivant à Luoyang,à 5 heures du matin, le soleil n’est pas encore sorti de sa tanière, il fait nuit noire. Pourtant, une horde compacte de rabatteurs nous attend aux portes de la gare. Ils n’ont pas le droit de rentrer, mais ils sont là, prêts à nous sauter dessus. C’est angoissant, j’ai l’impression d’être un vermisseau au bout d’un hameçon. Ils braillent ” taxi, shaolin, hôtel ! “.Je respire un grand coup, et traverse la rangée en criant ” no, no, no ” le plus fermement possible. On s’éloigne rapidement de cet enfer pourtant il faudrait que l’on trouve un coin tranquille où attendre le lever du jour. D’après nos sources, pas de bus avant 8 heures. On arrive à se débarrasser des rabatteurs les plus collants : certains nous ont suivi, s’arrêtent en même temps que nous, de vrais requins.

Une farouche gardienne nous laisse franchir l’entrée de la gare. Le passage est filtré, elle contrôle les titres de transport de chacun pour ne laisser entrer aucun clochard. D’ailleurs, un petit malin essaie de gruger en lui présentant un ticket usagé : il se fait drôlement enguirlander. Redoutable, les Chinoises, elles se laissent pas marcher sur les pieds ! Tous les bagages sont passés au rayon X. On ne plaisante pas avec la sécurité : l’agent ronfle copieusement sur sa chaise au lieu d”analyser le contenu des sacs qui défilent sur l’écran. A 5 heures du matin, on ne peut pas lui en vouloir, ça doit être assez hypnotique. On est rassurés, la gare ne risque pas d”exploser. On dépose nos sacs à la consigne, nous voilà libres pour la journée, enfin, on va se réfugier dans une salle d”attente pendant une heure et demie, tout ensommeillés.

A partir de minuit la nuit dernière, je me suis réveillée toutes les heures par crainte de manquer l’arrêt. Cela ne risquait pas d’arriver : les train de nuit ont très bien organisés. Dans chaque wagon, une équipe d’employés est responsable du flux de voyageurs. En montant dans le train, on troque nos billets contre des cartes d’embarcation. Ils connaissent le nombre de passagers. L’un deux vient nous secouer avant notre arrêt.

Deux rabatteuses bien informées ont réussi à se frayer un chemin dans la salle d’attente pour venir nous harceler. Une véritable mafia. Ils portent tous une sorte d’uniforme bleu marine. Mais plus ils nous collent, moins on a envie de les suivre. C’est désagréable et louche. Ce n’est pas la première fois que l’on nous harcèle mais je suis épuisée j’aimerais pouvoir m”enfuir.

6h30. Le jour s’est levé. On s’aventure jusqu’à la gare routière. On ignore une série de rabatteurs qui nus crient ” shaolin, shaolin “. C’est fou, je me doutais que c’était touristique, mais quand même les gars, venir nous coller aux basques à 5h du mat, c’est pas humain ! On achète des billets de bus au comptoir. Au moins ça a l’air officiel. On espère payer le prix normal. On va ensuite manger un bol de nouilles en attendant le départ.

En retournant à la gare routière, d’autres rabatteurs nous hèlent (on a l’habitude) L’un d’eux nous suit, et nous pousse quasiment dans un bus. Un bonhomme devant tend la main. Haha, on lui donne nos tickets, en nous pensant protégés. Si ce n’est pas le bus normal, il va nous renvoyer. Erreur. Si j’ai pris la peine de tout décrire juste ici, c’est pour vous montrer à quel point on s’est battus pour ne pas tomber dans un attrape touristes !

On monte dans le fichu bus, mais au moment où l’on part, le type décroche la pancarte à shaolin (en idéogrammes) de l’avant du bus. Ca sent le roussi ! mais que faire ? le bus démarre à l’heure prévue. Mais après avoir roulé 5 minutes, il s’arrête devant une station essence où l’on attend pendant une demi-heure l’arriv’e d’un groupe. Une guide saisit un micro et braille des explications en chinois pendant une heure. Tant pis. Tout commence à devenir flou autour de moi, je n’en peux plus, je sombre dans le sommeil.

Le bus s’arrête plus tard devant un temple quelconque. Mais où sommes nous ? au temple Shaolin ? nan Mal réveillés, on comprend en écoutant une conversation entre un taïwanais anglophone et un couple d’étrangers que nous sommes embarqués dans un tour pour la journée, et que l’on va nous trimballer de partout. Nous sommes furieux de nous être faits avoir. En plus, pas moyen de s’enfuir : nous faisons le tour de la campagne. Il n’y a rien dans les environs. Nous ne sommes pas les seuls à être furax. Lorsque la guide réclame une somme équivalente à 18 euros pour les entrées de tous les sites (que nous refusons de payer) un papy s’encagne. Il rabroue la jeune femme, attrape les cartes en plastique qu’elle distribuait, et les jette par terre. Le chauffeur s’arrête, et met son grain de sel (18 euros, en Chine, c’est un énorme chariot de provisions au supermarché). Quitte à être têtus, nous ne visitons aucun des lieux où le bus s”arrête. (et oh, on nous kidnappé !) Nous ne sommes pas les seuls à boycotter le tour : tout un groupe de vieux chinois le fait.

A 15heures (après avoir réalisé qu’il était impossible de prendre le train pour Xian le soir même) nous arrivons au temple Shaolin. Comme on broyait du noir, on a eu du mal à apprécier ce haut lieu de naissance du kong fu, transformé en cette usine à touristes. Avant de pénétrer dans le parc du temple, on traverse une immense place où les magasins s’alignent pour vendre souvenirs, armes, costumes. Nous on voulait surtout voir la démonstration d’arts martiaux. En fait numéro de cirque convient mieux pour caractériser le piteux spectacle présenté toutes les heures. On voit pendant quinze minutes des enfants bien jeunes se contorsionner (et qui mettent les jambes derrière la tête) Mais qu’est-ce que ces gamins foutent là ! Si jeunes, l’air si sévère. On les oblige à se présenter comme des chiens savants toutes les demi-heures. Ils sont probablement fiers d’appartenir à une grande école mais l’ont-ils choisi ?

Ah oui, Shaolin, ça ressemble aussi à une caserne militaire : dans le parc du temple, des centaines (des milliers?) de jeunes Chinois et Chinoises à s’entraîner. Un monsieur très poli, en costume essaie de vendre un stage à Gabriel au début du spectacle… mais ça ne l’intéresse pas beaucoup (il est aussi souple que moi haha)

Après cette misérable journée, on cherche un hôtel. Au passage : Luoyang est une ville laide et sombre. On essaie de dédramatiser : on a perdu pas grand-chose aujourd’hui, sinon une journée.

1 juillet 2008

23 Mars. Retour à Qingdao.

C’est la pluie qui nous accueille en Chine. Nous ne traînons pas trop à Qingdao, et partons dans l’après-midi pour Luoyang. Une drôle d’idée: on compte s’y arrêter le lendemain pour visiter le temple Shaolin, berceau du Kong Fu, et poursuivre jusqu’à Xian. En fait ce n’est pas si près que ça (rappelons au passage : la Chine c’est grand. Vous imaginez un grand pays ? et ben c’est encore plus grand. Le réseau ferroviaire est excellent ! cependant, pour aller d’une ville à l’autre, il ne faut pas être pressé) Nous prenons un train de nuit. Cette fois, nous avons pas trop le choix : on se retrouve dans un classe meilleure que d’habitude. (au fait, comment on fait pour acheter nos billets ? On n’essaie même pas de parler anglais. On copie sur un calepin les idéogrammes de la ville où l’on veut se rendre, ainsi que la date, l’heure et le type de ticket et ça marche sans problème ! au passage, on est contents d’avoir des notions de kanji: si on n’est pas capables de les lire comme il se doit, on arrive à les écrire assez rapidement !)

Nous partageons un compartiment avec deux autres bonshommes. C’est marrant, tout le monde, dans ce pays, carbure au thé, et porte une petite gourde. On trouve des distributeurs d’eau bouillante un peu partout : gares et trains inclus. Ma foi, c’est bien pratique, et cela nous permet de manger notre bol de nouilles instantanées : un peu d’eau bouillante dans le récipient, et quelques minutes plus tard, les nouilles ont gonflé. En début de soirée, un semblant de conversation s’instaure avec nos compagnons de voyage, à l’aide de quelques idéogrammes, et de phrases en chinois inscrites dans le guide. L’un d’eux connait des bribes d’anglais. “Where you from?” Brazil. (autant faire simple) Brazil ? (air étonné. Raté, on aurait dû dire Paris). On a beau montrer le pays sur une carte du monde, cela n’a pas l’air évident. Ils cherchent le mot sur le dictionnaire de leur téléphone portable, avec une lenteur surprenante: B-R-A c’est fou, ces gens là connaissent des milliers d’idéogrammes, et ils ne sont pas à l’aise avec notre alphabet, si simple à côté ! Le mot ne figure pas dans le dictionnaire, mais le plus têtu des deux envoie un message à un ami un quart d’heure plus tard, la réponse arrive. Les visages s’éclairent : “ah ! Bashi! Ronaldo!”

On s’endort tôt: le train arrive le lendemain à 5heures une dure journée nous attend ! on ne savait pas encore à quel point !!!!

30 juin 2008

Avant de raconter le long, fatigant mais superbe voyage que nous avons fait en Chine, je tiens à récapituler les points forts de la Corée. C’est un petit pays, pas très touristique (ou tout du moins, peu envahi par les européens ou américains) mais charmant à bien des égards… En plus c’est très facile de voyager, les villes sont reliées par un bon réseau de bus, les trajets ne sont pas très chers.
D’abord, on s’est bien marrés ! les Coréens sont super sympas, avenants, serviables.

Dès le premier jour, dans le métro pour Séoul un couple nous a donné des chocolats pour nous souhaiter la bienvenue. C’est sûr avec nos sacs à dos, on ne passe pas inaperçus, ils ont engagé la conversation spontanément. A Séoul, des gens nous ont souvent offert leur aide de façon désintéressée, alors que l’on avait l’air perdus (enfin pas que l’air). Dans les autres pays visités, c’est souvent pour nous vendre quelque chose que l’on nous aborde. Au Japon, c’est différent : les gens sont bien plus réservés, et parfois terrorisés à l’idée de parler anglais… Si on leur demande quelque chose, ils nous répondent gentiment, mais c’est rare que spontanément on vienne nous parler.

A Tanyang, nous avons passé une super soirée au restau. Le bonhomme est un ancien marin, et il parlait bien anglais; sa femme et son amie par contre, pas un mot. C’est pas grave, cela ne nous a pas empêché de bien rigoler, et de prendre des photos… tout en se régalant.

Ah oui, on s’est bien goinfrés en Corée! Difficile de faire autrement, il n’est pas possible de commander un plat pour une personne. Comme dans beaucoup de pays d’Asie, on partage les repas au restaurant. En plus la table est recouverte de petites assiettes de toutes les couleurs, de toutes les saveurs qui accompagnent le plat principal.
On a mangé beaucoup de gengis kan, sorte de barbecue avec du porc, du boeuf, du canard… on a goûté de tout! En attendant que la viande grille, on picore dans les petites assiettes. Les autochtones ne redoutent pas les goûts forts, ils sont très friands d’ail et d’onion cru… ça, par contre, je ne suis pas fan! A chaque repas, on sert du kimchi, chou piment !, par contre, rarement du riz. Les Coréens mangent avec des baguettes en métal (c’est bien plus écolo que les baguettes en bois jettables des restaurants et cantines au Japon!)

On trouve aussi beaucoup de restaurants de poisson et de fruits de mer ; sur les devantures, de grands aquariums où attendent des poulpes, coquillages et autres malheureux crustacés avant de passer à la casserole.

Mais au fait, on parle anglais en Corée? Et bien pas toujours!!! pour commander les plats, on a souvent fait confiance à nos hôtes… en quelques gestes, c’est fait! Et non, on n’avait pas appris à lire le hangeul, alphabet phonétique coréen… mais ces aventures du palet se sont souvent bien conclues (faut dire, des fois, c’est tout de même diablement épicé des petites choses!!!)

Une semaine, c’est certainement pas assez long pour tout découvrir d’un pays et d’une culture… mais cela m’a justement envie d’y retourner, et d’apprendre à connaître ses sympathiques habitants!

30 juin 2008

Les semaines défilent, et je n’ai pas eu le temps de mettre ce fichu blog à jour… trop de travail (c’est vrai en plus!) Alors je me lance dans un résumé de cette petite semaine en Corée

19 mars. Nous avons quitté Gyongju pour rejoindre la ville de Taegu. J’en profite pour vous montrer notre itinéraire sur la carte de Corée. Rassurez-vous…une semaine avant d’arriver dans ce charmant pays, je n’en soupçonnais pas l’existence!

Taegu en soit n’avait pas tant d’intérêt, mais en raison de sa position centrale, c’était une étape commode pour rejoindre notre destination suivante, la ville de Chungju.

Daegu est néanmoins célèbre en Corée depuis des siècles, car un de ses quartiers abrite un marché vendant des remèdes orientaux. On s’attendait à voir des étalages de sorcières, avec lézards séchés, mandragores, ginseng et cornes de gazelles…

Mais après avoir tourné en ville, nous avons été bien déçus de constater les ravages de la modernisation : pas d’étals, et de marchands criant les bienfaits de leurs marchandises mystérieuses… mais une rue vide, où les boutiques s’alignent les unes à côté des autres. On voyait bien des choses bizarres pendre dans les vitrines, des racines entassés, mais l’exotisme n’était pas au rendez vous…

20 mars. nous avons pris le bus pour Chungju. On comptait s’installer dans cette ville pour les deux dernières nuits, et faire une promenade à la journée jusqu’à Tanyang, où se trouve la voie fluviale la plus agréable du pays…

Or nous avons été surpris en arrivant…. impossible de trouver un logement… décent! Nous avons suivi les indications du guide et sommes allés dans le coin oùse trouvent tous les motels. Sur quelques kilomètres carrés, il y en avait au moins une vingtaine aux façades les plus kitsch les unes que les autres : le motel titanic avec sa proue, les tourettes roses du palais de la belle au bois dormant, ambiance western avec de grands cow boys peints… Seulement, il a fallu se rendre à l’évidence : c’était tout des hôtels de passe! L’horreur! sur les marches des entrées étaient placées de petites cartes avec des photos évocatrices… On a quand même essayé de s’informer aux réceptions, mais soit on nous renvoyait d’un geste de la main (on n’avait pas le profil du client habituel avec nos sacs à dos…) soit on nous demandait combien d’heures on voulait rester! Au bout de trois tentatives, on a décidé de fuir cette horrible ville… quand même : vingt hôtels de passe! Il faut le faire!!!! On n’a pas eu de bol ce jour là; on a dû attendre le bus jusqu’à Tanyang pendant une heure et demie!

En chemin, nous avons constaté que le fameux fleuve était à moitié à sec, on a bien fait d’attendre le bus plutôt que d’essayer de prendre un bateau!

Tanyang est une petite bourgade bien sympathique, où, avouons-le, il n’y a pas grand chose à faire, sinon quelques grottes à visiter. Nous nous sommes contentés d’en visiter une seule… La paix souterraine a d’ailleurs été troublée par l’arrivée d’une dizaine de cars de collégiens qui manifestaient autant d’intérêt pour l’endroit que pour l’usage de la subordonnée relative chez Proust (ou tout du moins son homologue coréen) Ils ont traversé les kilomètres en braillant, se poussant, gloussant en nous croisant (”hello hello”)… Défilé de mamouths dans le royaume chthonien!

21 mars. Aujourd’hui, randonnée dans Woraksan, l’un des nombreux parcs naturels de la péninsule. l’excursion consiste à gravir le pic Jebibong, modeste promenade de 7 kms. Cela fait du bien à nos muscles endoloris (mine de rien,avant-hier on était en train de faire les zouaves sur un tatami… on a d’ailleurs bien pensé aux autres en mangeant nos donuts hier matin!) A mesure que l’on monte, le paysage s’embellit. On s’élève au-dessus du brouhaha, des rails et des constructions. La vue sur les montagnes environnantes est superbe. Nous avançons entre les pins et les rochers. Dans toute l’après-midi, nous ne croisons qu’un groupe de mamies sportives… Nous sommes au milieu de nulle part.

Le retour à la civilisation est rude… en bas, sur le bord de la route où nous attendons le bus, nous avons une vue imprenable sur échoppe. En une heure, le propriétaire nous offre un spectacle complet : il crache par terre, se mouche entre ses doigts et pisse contre le mur de son magasin… pouah

22 mars. cap sur la Chine. Nous reprenons le bus jusqu’à Incheon, et embarquons dans notre ferry le soir.